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Tanit... la déesse


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Musique

18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 16:37
11 - 18 septembre 2008

Le 11 septembre à 17h commence pour nous "le vrai voyage en famille"... c'est avec un petit pincement au coeur que nous avons laissé Minou à Formentera. Il doit rentrer en France pour le 15 et comme la météo nous joue souvent des tours, il est plus sage de le débarquer maintenant.
Vers 20h, nous quittons donc le mouillage de Ses Illetes pour une traversée dont nous ignorons encore la destination exacte. Cela fait déjà un mois et demi que nous avons quitté le Golfe, et le départ de notre équipier nous plonge dans un léger coup de blues... rien de grave bien sûr, mais juste assez pour nous rappeler que la famille et les amis nous manquent...

Nous sommes gentiment poussés toute la nuit par des vents de SW, force 2 à 4 sur une mer peu agitée. A priori nous sommes plutôt motivés, heureux de cette première nuit en mer tous les trois, et prêts à filer directement sur la Crète. C'est bien sûr sans compter avec les changements climatiques incessants: la pétole et les vents annoncés de NW mais qui tourneront finalement NE.

Notre routeur préféré ("Beau-Papa") nous annonce un coup de vent sur la zone Baléares et une jolie houle due à la tempête qui se lève sur le Golfe du Lion, nous descendons donc plus au sud... où nous allons passer de prochaines nuits bien moins agréables.

La deuxième nuit s'annonce très orageuse, et qui dit orage dit bien sûr coup de vent sous le grain! A première vue, c'est très beau les éclairs la nuit sous la pleine lune quand ils illuminent majestueusement le ciel au loin... Mais quand d'un coup nous nous retrouvons au centre de cette formation orageuse, avec des éclairs qui tombent de plus en plus près accompagnés de jolies pointes à 40 Nds, notre admiration s'efface petit à petit. Et quand l'image et le son arrivent en simultané et que l'on voit les éclairs fendre la mer autour de nous, alors la nuit devient légèrement "angoissante". En fait, nous ne pensions pas qu'un tel phénomène puisse durer si longtemps (3 à 4 heures), nous encerclant littéralement!

La journée qui suit nous apporte une mer agitée sous un ciel de grains... ça gigote, on est crevés. On laisse la journée passer doucement, faisant quatre heures de moteur pour essayer d'avancer un peu car au près dans cette mer on est ballotés à qui mieux mieux mais on dépasse rarement les 3 Nds.  Du coup, quand on attaque la troisième nuit dans la pétole molle avec grosse houle, on se met à la cape, grand voile à deux ris et trinquette (les orages sont toujours menaçants).

On reprend la route doucement le lendemain matin, peu reposés et profitant toujours de "conditions agréables"... le moral en a pris un coup!

La quatrième nuit de navigation ne nous laissera pas de répit; la mer est toujours agitée par cette houle de nord, le vent est d'ouest. Les lumières de la côte algérienne apparaissent et nous devons maintenant nous méfier des nombreux cargos qui croisent dans les parages.

Au matin du 15 la mer devient forte, le vent est passé NW ce qui stabilise un peu Tanit... mais pour le moral ce n'est pas suffisant après ces trois nuits peu fournies en sommeil. A midi Flo nous prépare une purée maison avec du fromage dessus, et décision est prise de faire halte à Tabarka en Tunisie. Nous n'avons rien à prouver, nous sommes "cuits" et les vents sont annoncés d'est pour les jours à venir. Nous sommes donc bien contents de nous amarrer au quai à minuit passé.



C'est la première escale hors d'Europe et il nous faut donc hisser le pavillon jaune et attendre les autorités. Mais il est tard et je ne vois aucun uniforme dans les parages. Je préfère quand même m'acquitter de cette tâche avant de sombrer dans les bras de Morphée (j'apprendrai plus tard qu'il est d'ailleurs assez mal vu de préférer Morphée aux autorités...).

Le port de Tabarka n'est pas bien grand, personne à la capitainerie, je file donc au bureau des douanes. J'y suis reçue par deux gentils douaniers, bien étonnées de trouver une petite blonde dans leur bureau à cette heure. Ca palabre, ça discute... ils regardent nos passeports, se les passent de l'un à l'autre, discutent entre eux, m'offrent un verre d'eau, puis une cigarette; trente minutes plus tard, nous n'avons encore rempli aucun formulaire mais nous quittons leur bureau pour celui de la police du port. Les passeports font à nouveau le tour de l'assemblée avec moultes commentaires, on m'offre un coca et on finit par remplir quelques paperasses. Tout ça nous prend une bonne heure... mais l'humeur locale chasse ma fatigue. Pourquoi ces fonctionnaires, qui sont sûrement moins bien payés que nos fonctionnaires français, sont aussi bien plus agréables? L'ambiance est chaleureuse et moi qui ne suis pas une adepte des uniformes, je ne suis nullement irritée de ce "temps perdu".

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous déambulons dans les rues de Tabarka afin de nous imprégner de l'atmosphère nord africaine, nouvelle pour nous mais si appréciable après un trop plein d'Europe.

Le nord de la Tunisie est une région très verte, ce qui apporte odeurs et couleurs aux étales du marché (ouvert tous les jours dans les rues). Le coût de la vie ici est bien mieux adapté à notre budget, de 0,60€ le kilo de poires à 6€ le kilo de boeuf...

Nous trouvons une grande esplanade de loisirs pour petits et grands (avec plein de toboggans, terrains de tennis, pétanque, foot...), le tout au bord de la plage. Une fois de plus, comme en Espagne et au Portugal, nous constatons que ces structures apportent une certaine qualité de vie aux habitants. J'aimerais connaître la proportion aire de jeux/habitants en France, mais je suis certaine qu'elle est largement insuffisante!



Nous profitons donc du petit port de Tabarka, de la ville et de ses habitant accueillants et chaleureux.

Je voulais vous mettre des vidéos en ligne, mais il semble que les tunisiens profitent d'une certaine censure leur interdisant l'accès à Youtube, j'en suis désolée pour eux et pour vous....

Quant à la superbe visite des ruines de Bulla Regia, le faible débit du point internet où je me trouve ne me permet pas de rester plus longtemps, je laisse à 
Wikipédia le soin de vous instruire.

Et pour tous ceux qui s'inquiètent pour petit Colin, sachez qu'il est le plus résistant d'entre nous.... jamais malade, toujours content.

Prochaine étape: Lampédusa
Date de départ: demain
Date d'arrivée: d'ici 2 jours

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commentaires

Soizic 19/09/2008 11:19

Coucou les copains!
Quelle joie de vous avoir eu au téléphone et d'entendre vos voix! Ca aurait pu durer des heures! On ne vous oublie pas. Prenez bien soin de vous et bon vent...
gros becs
Soiz et Tonio