Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tanit... la déesse


Rechercher

Musique

23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 23:56

Le voyage de Tanit n'est pas un océan tranquille






Fin juillet, c'était l'heure du départ, la tête pleine de rêves. Mais la route est difficile depuis un mois pour Chloé, Florent et leur fils Colin. : Photo Alex Tsvetoukhine
Vie maritime. Depuis fin juillet, Chloé, Florent et leur fils Colin ont largué les amarres de leur voilier pour Zanzibar. Mais la route vers l'Espagne est semée d'embûches.
Ils sont partis à la voile. Sans grande expérience de longues traversées. Mais avec une folle envie. Celle de vivre une vraie aventure au long cours. Et partager de fortes images avec leur fils, Colin, âgé de deux ans et demi, à bord des 12,50 m de Tanit (Ouest-France du 8 juillet). Depuis un mois et demi et leur sortie du golfe du Morbihan, Chloé et Florent Lemaçon ont de quoi remplir leur carnet de route. Car les péripéties ont été légion dans leur descente de l'Atlantique.
La vitesse n'est pas l'objectif de ce couple vannetais. Mais c'est pourtant une impression de lenteur qui se dégage des lignes couchées sur le blog de ce jeune équipage. A la pétole du départ a succédé une forte houle dans le golfe de Gascogne. Un thon pêché à la ligne et de paisibles dauphins croisés au large de l'île d'Yeu ont rapidement fait place à des creux de 5 m vers l'Espagne.

Plus question de faire route directement sur La Corogne mais vers un abri dans le port de Gijon. Avec une avarie de taille : « La pale immergée du régulateur d'allure s'est fait la malle. Nous avons donc dû barrer en permanence. Ce bon coup de vent nous a bien rincés. Le capitaine et ses équipiers ont peu dormi, Colin s'est fait réveiller plusieurs fois par les vagues qui s'infiltraient par le hublot et Tanit était bien triste à voir à l'intérieur au petit matin », écrit Chloé. Tout a été remis en ordre pendant l'escale de deux jours. En attendant de recevoir une nouvelle pale depuis la France.

Vent et panne de moteur

Mais l'aventure ventée ne s'est pas arrêtée là, avec des pointes à 40 noeuds qui ont encore ralenti la marche vers La Corogne. Une panne moteur a alors forcé Tanit à trouver refuge dans le petit port de pêche de Luanco. « Nous avons beaucoup sollicité le moteur pour la traversée du golfe de Gascogne, et il aurait été étonnant qu'il le supporte sans en faire baver le capitaine. Quelques heures de boulot et une pompe à eau à remplacer. Je ne pensais pas que les pièces de rechange serviraient si vite, les kilos de pièces diverses ne sont finalement pas si inutiles ! »

Le 14 août, l'espoir de pouvoir doubler le Cap Finisterre a pris forme avec l'arrivée d'une nouvelle pale rapidement installée. « Un grand merci à Tonton pour la conception, et à tous les autres pour l'envoi et la déco ; la soudure, il s'y connaît Tonton, elle est trop la classe cette nouvelle pale ! » Et les problèmes d'étanchéité des hublots ont eux aussi été résolus. Mais la mer est redevenue féroce à la hauteur de La Corogne.

« Nous étions tellement contents d'avoir reçu la pale que nous sommes partis en faisant une grave erreur de marins débutants : nous avons oublié de manger avant de larguer les amarres ! A la sortie de la ría, le temps n'était pas joli. La houle déferlait drôlement ; même Colin a réussi à «sauter» de sa couchette malgré la toile antiroulis... Heureusement, les coussins ont sauté avant lui pour mieux amortir sa chute. A m'occuper du petit en étant brassée dans tous les sens, j'ai baptisé l'évier de mon premier vomi, même pas le temps d'attraper un seau... Tant et si bien qu'après deux heures les mains sur la barre et les yeux à tribord à surveiller la houle, Florent en a eu ras-le-bol. On n'a vraiment pas envie de commencer la navigation comme ça. Après tout, on n'a même pas vu La Corogne ! Nous prenons alors notre mal en patience en visitant notre première grande ville du voyage. »

Tanit et son équipage ont repris la mer, fait escale à Lisbonne, puis à Cadix. Cette fois, sans problème majeur. Avant de mouiller en ce moment aux Baléares. Avec l'espoir d'atteindre ensuite rapidement l'île de Pantelleria au large de la Sicile, si les conditions le permettent. Mais tous les marins le savent : la météo est un élément qu'on ne maîtrise pas.

Patrick CERTAIN.

Ouest-France

Partager cet article

Repost 0
Published by Tanit - dans Presse
commenter cet article

commentaires