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Tanit... la déesse


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Musique

13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:07

Le 9 mars, après six jours passés à Djibouti, l’heure du départ sonne. Ces six jours sont passés très vite, au rythme et à la chaleur de l’Afrique.



Après quinze jours en mer nous avions pas mal de boulot sur le bateau : nettoyage, réparations, plein d’eau et puis bien sûr, la pièce du moteur à changer.

 

Grâce à Monsieur Berthin de l’Ambassade de France, Francis a pu utiliser le courrier militaire pour nous l’envoyer. Le colis est parti de France lundi 5 et il devait mettre cinq jours à arriver, si bien que je n’ai téléphoné à l’Ambassade qu’après le week-end local (jeudi et vendredi). En fait la pièce était déjà là depuis jeudi et après quelques remontrances du militaire en charge du courrier qui n’apprécie pas trop que des civils utilisent ce service, nous récupérons notre colis. Nous remercions encore M. Berthin, David, Jérôme et Francis pour leur aide.


Nous rencontrons des personnes de nationalités multiples (Somalie, Yémen, Erythrée) qui nous racontent Djibouti avec des yeux différents. J’apprécie de me balader dans les ruelles de la ville, dans le quartier de la rue d’Ethiopie et jusqu’à la place Mahamoud Harbi où se tient le marché. Après l’Egypte cela fait du bien de discuter en français avec des gens qui veulent juste rendre service ou raconter un petit bout de leur vie.

Non loin de là il y a aussi un grand parc de jeux pour les enfants. Les jours de week-end ou le soir il y a beaucoup de monde, l’endroit fait aussi cafétéria et les familles s’y retrouvent. Colin est tout de suite pris en charge par d’autres enfants plus grands qui l’accompagnent partout et je le surprends à aller bien vite sur les tourniquets et  à en rigoler.
C’est à côté du Nougaprix, un supermarché… en fait les tarifs sont assez élevés à Djibouti dès que vous vous intéressez aux mêmes produits que les militaires français. L’enseigne est donc un peu réservée aux étrangers ou personnes des classes aisées. C’est néanmoins pratique pour acheter quelques conserves ou un peu de beurre… Pour tout le reste, il faut parcourir la place du marché et les boutiques environnantes (viande, fruits, légumes, œufs…), on y trouve presque tout à des tarifs plus raisonnables.

Pour le poisson, on en trouve tous les jours au port de pêche et pour le pain, il y a une boulangerie pas loin qui est ouverte 24h sur 24h et qui fait des petites baguettes.


Le Yacht Club de Djibouti n’existe plus, l’organisation n’est pas très claire et les infos peu nombreuses. En fait, il faut se mettre au mouillage sur la droite, devant le port de pêche tandis qu’il faut ensuite traverser toute la baie vers les quais des gros cargos, pour trouver la capitainerie et l’immigration. Le mouillage est payant, 32 euros pour six jours. Par la suite mieux vaut débarquer au port de pêche où vous serez très bien accueillis. Là-bas on peut faire de l’eau, partir en ville, laisser l’annexe… tout est possible selon vos moyens, le forfait pour l’annexe est de 12 euros par semaine tandis que vous payerez Salomon ou Moustique selon la prestation (gardiennage, courses…).


Flo passe donc la journée du 8 sur le moteur, ou plutôt dans le moteur à démonter, monter, huiler… ça marche !

Colin est toujours partant pour bricoler, il passe les clés de 23 ou 21 à son père, l’aide à dévisser les cuves d’eau pour une vérification…

On décolle donc le 9 à 11h UTC. On a le vent dans le nez, 4 heures de moteur avant de hisser, enfin, la grand voile.

Comme souvent, Colin fait une petite sieste pendant que je prépare le premier repas : tarte de légumes. Comme on a investi de nouveaux quarts, de jour comme de nuit les garçons relayent leur attention toutes les deux heures, il faut reprendre un nouveau rythme et du coup, aujourd’hui, nous mangeons tous à des moments différents.

De 15h à 19h on remet le moteur, le vent est toujours NE, on n’avance qu’à 3 Nds mais au moins on fait route.

Le 10 le vent passe à l’Est, force 2 à 3 sur une mer peu agitée à agitée. On est au près serré, on n’avance pas et ce n’est pas de tout confort… on est trop lourd à cette allure.

Pour cette première nuit, Colin et moi faisons le tour du cadran avec la nuit  (17h – 5h)… le près c’est fatiguant !!!


On décide de faire escale à Aden en attendant que le vent se calme ou tourne, nous aurons mis 55 heures pour parcourir les 150 miles qui séparent Djibouti d’Aden… encore un record. Arrivée laborieuse le 11 au soir, le moteur étale mal avec le vent dans le nez mais finalement nous mouillons à Aden devant le Prince Of Wales.

Je file directement faire les papiers, j’apprendrai plus tard que je disposais de 24h pour le faire, et je suis très bien reçue par l’immigration qui me donne des passes contre nos passeports. Les douanes sont fermées, je repasserai demain. En tout, prévoyez une photocopie de vos passeports, une photo d’identité et quatre crew list.


Le 12, après avoir terminé toutes les paperasses, nous filons à pied faire un petit tour dans le quartier de Tawahi, manger du poulet grillé dans une petite cantine, acheter du pain, du poisson pour plus tard et faire un tour sur le Net pour certains.


Après quelques réparations à bord comme le joint du hublot du carré à changer ou une douche solaire à réparer, nous partons tous ensemble à la plage, à 5mns en taxi. Une grande plage au pied de collines arides, la mer est chaude, voir très chaude ; Colin est content de se refaire une cession de plage, et en plus il y a des toboggans dont un de quatre mètres de haut dont je me serai bien passée…


Nous avons rencontré Selim, il est de Mukala et passe sont temps sur le port, il aide et conduit les plaisanciers qui sont de plus en plus nombreux à s’arrêter ici plutôt qu’à Djibouti. C’est lui qui nous a montré la plage ou conduit pour faire des courses. Selim ne khat pas, n’a que trois enfants, sa femme est voilée mais il en parle librement. Je me suis permis de lui poser la question car il blaguait en comparant toutes les femmes voilées de noir à des ninjas… Il m’a répondu que c’était un choix de sa femme, qu’elle était libre et qu’à la maison, bien sûr, elle était vêtue tout autrement. Comme en Egypte, cela intensifie les échanges de regards, puis les choses évoluent… sur le port, Minou et Dodo  ont discuté avec des jeunes filles totalement voilées, mais elles ont décroché le voile de leur visage pour parler.

Aujourd’hui 14 mars nous devons lever l’ancre pour Mukala, le vent n’est pas vraiment plus favorable qu’en arrivant mais nous devons avancer et le visa pour rester plus longtemps coûte 58 dollars…


Peut-être pourrais-je vous redonner des nouvelles de là-bas, sinon rendez-vous dans deux ou trois semaines du Kenya.

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commentaires

hanane 06/05/2009 18:31

je suis tombé par hasard sur un article qui parlé de la tragédie dont vous avez été victime,sa ma beaucoup touchée toutes mes condoléances,et bon courage.

Delphine 29/04/2009 11:59

Bonjour Chloé et Colin
Juste un petit mot pour vous dire qu'il ne se passe pas une journée sans que je pense à vous....
Courage... La vie est dure mais belle aussi....

cogan 14/04/2009 14:44

nous sommes très triste du dénoument de cette belle aventure que nous suivont depuis le 1er jour. Nous pensons beaucoup à votre entourage.
Puissiez vous trouver le courage de continuer à travers votre enfant?
en tout cas très belle aventure
tendrement
stéphanie

savina 14/04/2009 12:01

Toutes nos condoléances à vous Chloé à Colin ainsi qu'à vos familles, toutes nos pensées vont vers vous dans ce moment plus que difficile. Ne regretter rien, aimer le fait que vous avez eu le courage tout deux et pour votre fils de vivre votre rêve.
Garder courage.

brunel 13/04/2009 13:55

je pense à vous et vous trouve tout les trois merveilleux. florent est et sera toujours présent. nous ne vous oublierons jamais; courage, chloé, n'écoute pas les coincés et les je sais tout, qui ne savent ce que c'est d'être le couple et les parents EXTRAORDINAIRE QUE VOUS ETES. Une marseillaise .