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Tanit... la déesse


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Musique

5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 14:59

Tanit : Les pirates refusent la rançon


L'Amiral Guillaud (et non le Général Georgelin) nous apprend ici que c'était la vie de Colin qui était à protéger à tout prix.
C'est intéressant, surtout si je vous raconte comment l'armée s'y est prise pour stopper Tanit, la veille de l'assaut.

Les frégates sont arrivées près de nous le mercredi, ce qui bien sûr a largement contribué à tendre l'ambiance à bord. Les écoutes des téléphones satellites ont commencé, du fait de la présence de l'armée des menaces contre notre vie y sont interceptées et cela permet dès lors aux militaires d'identifier les chefs.

Le jeudi dans l'après-midi une des frégate se rapproche à une centaine de mètres de Tanit qui avance dans la pétole à 3 Nds, poussée par un fort courant. Comme à chaque rapprochement, les pirates nous font tous monter sur le pont. Un drap est tendu le long de la coque de la frégate, on peut y lire "STOP". Puis nous pouvons entendre que nous devons arrêter le bateau, que la France n'acceptera pas cette situation et qu'ils utiliseront la force, s'il le faut, pour arrêter Tanit.
Je pense d'ailleurs, même si je ne fais pas partie de l'élite militaire française, qu'un bateau pesant 15 tonnes, poussé par un courant d'environ 8 Nds et ce dans la pétole n'ira pas plus vite sans ses voiles.
Quand les pirates comprennent la détermination des forces en présence, ils me font immédiatement descendre dans le carré avec Colin et sous la surveillance rapprochée d'un des deux chef.
Ainsi, quand les tirs commencent à résonner, c'est le chaos total à bord, plus d'une dizaine de tirs résonnent dans le mât..
Dehors, Florent pousse un tel cri  que je crois qu'il est blessé (en fait un des pirate a laissé partir un coup, heureusement sans conséquences). Je suis face à face avec ce pirate et sa kalachnikov, mon fils dans les bras et je lui répète sans fin: "please". Il est affolé, me vise en ayant retiré la sécurité de son arme, cela dure quelques minutes...

Toutes les voiles de Tanit sont donc affalées, la nuit tombe, les pirates sont fortement agités. Ils ne cessent de téléphoner ou de discuter en somali à la VHF avec le médiateur. Certains se rendent, posent les armes, un autre veut se suicider... jusqu'à ce que le chef rallume son GPS et constate que Tanit file à 2,5 Nds vers la Somalie, portée par le courant.

Fin des communications, nouvelle nuit d'angoisse...





Télézapping : Pirates, l'enfer du Golfe d'Aden


Ici Monsieur Morin nous explique que toute la vérité sera dite sur les circonstances de l'assaut et sur le décès de Florent.
Je ne vais pas reprendre toute l'histoire maintenant, trop peu de vérités ont été dites, en revanche je vous conseille de lire l'excellent article de Jason Burke qui est un premier pas vers cette vérité.
Il n' y a qu'un pirate de tué par les tireurs d'élite, deux autres sont bléssés. Celui qui saute à l'eau le fait contraint et forcé au moment où les commandos montent à bord. Il n'y a pas d'échanges de tirs à cet instant. Florent n'est pas dans le carré mais bien dans la cabine arrière avec nous, cette même place que nous n'avons pas quittée durant toutes les négociations. La balle qui a tué Florent n'est pas une balle de kalachnikov, et elle n'était pas perdue.

L'information est contrôlée par le gouvernement, il a le pouvoir de choisir ce qui sera médiatique ou pas.
Si vous cherchez des informations, en temps réel, sur les otages retenus en Somalie, comme les humanitaires d'Action contre la Faim, ou l'agent de la DGSE, vous ne trouverez rien.
Et si vous cherchez à savoir pourquoi vous ne trouvez rien vous comprendrez que l'information en question a été stoppée volontairement pour protéger ces otages.





Extrait d'une interview de l'Amiral Marin Gillier donnée au Télégramme le 5 mai 2009

Un otage français a été mortellement blessé. Considérez-vous cette mission comme un échec? Pouvez-vous donner quelques précisions sur le déroulement de l'opération?
Je ne vous dirai pas les consignes qui ont été données aux forces spéciales pendant l'intervention, pour que, la prochaine fois, celui qui mènera la mission puisse conserver sa pleine capacité d'action. Il ne faut pas que l'adversaire en sache trop sur nos méthodes. En revanche, pour nous, la mort d'un otage et aussi celle d'un preneur d'otages ont été vécues comme un drame qui fait profondément souffrir toute l'équipe. Nous avions des priorités: sauver la vie des otages; ramener nos équipages en vie et capturer les pirates vivants. C'est dans notre culture, et c'est d'ailleurs une particularité française, de respecter les vies humaines sans porter de jugement sur la personne, jusqu'à prendre des risques pour la vie de nos hommes.


The Observer - 4 octobre 2009 - Jason Burke


Je mettrai très prochainement en ligne une traduction de cet article.

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commentaires

Superrefman 15/01/2010 18:45


Toujours les médias...


Bigornette 06/01/2010 12:37


Juste pour vous souhaiter une belle année 2010.


Nolwenn 04/01/2010 16:32


Je vous souhaite une heureuse année, une bonne continuation et énormément de courage.


rozéfré 01/01/2010 23:54


Bonne continuation.


geraldine 22/12/2009 11:41


Bonjour Chloé

Je vous envoie d'amicales pensées et de gros bisous pour votre petit Colin.

Geraldine