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Tanit... la déesse


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Musique

5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 10:46


Comme je vous le disais, nous avons encore changé nos plans;Colin et moi sommes donc partis avec Flo, Minou et Dodo pour le Kenya. Nous avons atterri dans la nuit du dimanche 15 février avec Colin à Hurghada, Flo et Minou étaient là pour nous accueillir avec nos 40 kilos de bagages!


Nous avons simplement réglé les dernières formalités et fait des courses avant de lever les amarres dès mercredi. L'Egypte est un pays bien compliqué en ce qui concerne les formalités d'entrée et de sortie, du moins en bateau. Ne souhaitant plus passer par la Felix Agency pour les formalités de sortie, j'ai voulu les faire seule. Mais il m'a été impossible d'entrer en contact direct avec les douanes, toutes les personnes à qui je me suis adressée me renvoyantinévitablement vers un agent. Saïd, celui qui s'est occupé de notre arrivée a fini par venir me voir et m'a expliqué que les formalités de sortie du territoiresont gratuites à Port Galib alors qu'elles me coûteraient très cher, ici à Hurghada! Nous avons donc décidé de nous contenter de la port clearance, tant pis pour le tampon sur le passeport... cette petite mafia locale ne me plaît pas du tout et après tout, on n'a pas prévu de revenir en Egypte tout de suite.

 
A 13h, mercredi 18, nous quittons donc Hurghada pour Aden, 1000 miles de navigation nous attendent pour descendre la Mer Rouge.Les deux premiers jours sont plutôt calmes, Tanit est à deux noeuds poussée par une légère brise de NE. Nous découvrons ou redécouvrons le plaisir d'être sur l'eau, avançant doucement mais sûrement, sentant tous les jours un peu plus de chaleur. Dans la pétole du deuxième matin, Flo et Dodo apprécient la première visite des dauphins, venus en nombre jouer autour de nous.




Certains à bord, je ne les nommerais pas, voulaient perdre un peu de poids mais ce sera pour plus tard car ce temps nous inspire, Colin et moi, et nous préparons un gâteau au chocolat puis une tarte aux fraises façon macaron. Pâtes bolognaises, salade composée, pommes de terre sautées... nous ne nous laissons pas abattre. Seulement, à ces deux jours de calme vont succéder trois jours un peu plus sportifs sur une mer agitée.


Bien sûr on a vu pire, car la Mer Rouge reste tout de même assez sereine, mais nous filons au portant grâce à un vent de Nord, force 4 à 5 et à cette allure, si les miles défilent vite, le roulis ne nous laisse aucun répit. Minou est le premier à faire un petit vomi et je lui emboîte rapidement le pas. Chose qui ne m'était encore jamais arrivée, je reste bien patraque pendant trois jours, incapable de m'activer trop à l'intérieur malgré les réclamations de Colin.

Heureusement Dodo et le Capitaine sont en pleine forme bien que fatigués par les quarts, avec Colin se sont les seuls à ne pas être atteints par le mal de mer. Bien sûr je n'arrive plus à mettre la main sur le Mercalm, j'en avais pourtant rapporté deux boîtes, et je me soigne donc à l'homéopathie (Cocculus Indicus) et à l'huile essentielle de citron, remèdes qui s'avèrent d'ailleurs très efficaces.


Vendredi soir, Flo a voulu mettre le moteur en route pour faire un peu d'énergie car les nuages empêchaient notre panneau solaire d'avoir un bon rendement. Nous avons tout de suite entendu un bruit suspect et faisons face, un peu découragés, à une nouvelle panne. C'est encore l'inverseur qui nous joue des tours, une pièce à lâché dans le carter du boîtier de vitesse. Le point positif est que sans moteur mais avec le vent et le soleil qui brille maintenant nous étalons notre consommation d'énergie (en ne faisant fonctionner que les lampes à Leds et sans le frigo bien entendu). Le point négatif étant que cette réparation nous oblige à changer de cap pour nous rendre à Djibouti et va sûrement nous coûter cher alors que nous n'avons pas vraiment le budget pour ce genre d'imprévus.
Et puis Flo, à son grand enchantement, doit passer des heures la tête à l'envers dans le moteur en composant avec les joies du roulis.

 Yes for peace est affalé, on continue à avancer avec deux ris dans la trinquette et deux ris dans la grand voile. Et on troque les petits plats pour les raviolis et le cassoulet....

Lundi, revient enfin une mer calme, nous filons toujours au portant et les mouvements du bateau se font moins brusques... il est plus facile de s'habituer au roulis de la longue houle!



Le vent n'a pas vraiment faiblit mais nous hissons quand même le grand génois. Première pêche de la Mer Rouge, et pas des moindres puisque nous ramenons deux barracudas dont un de 80 cm. On sort les livres de cuisine pour s'inspirer car nous nous retrouvons avec quelques kilos de filets à cuisiner: beignets et sauce coco pour le soir, parmentier pour le lendemain. Malheureusement je ne l'ai pas assez cuit et nous sommes obligés de le jeter, ce n'est pas le moment de se rendre malade mais je suis énervée contre moi-même.  Par chance, à peine une demi heure après avoir posé la ligne nous en pêchons un autre. En ce mardi matin, poussés par un vent de NE de force 3 nous sommes à 400 milesdes îles Hanish où nous avons prévus de stopper si le vent tournait au sud.

Cela fait une semaine que nous sommes en mer quandle capitaine fait son premier quart en tee-shirt. La nuit est calme, le vent de Nord a faiblit. Au petit matin la mer est belle... on pêche notre quatrième barracuda. Flo nous prépare donc du poisson pané avec du boulghour de sarrasin. On profite de cette journée tranquille pour réparer le moteur, enfin... à l'africaine. Minou prend son courage à deux mains pour plonger dans le grand bleu car il faut pousser sur l'hélice afin de repositionner l'arbre  pour pouvoir au moins utiliser la marche avant. Finalement ce petit bain lui plaît... il enchaîne un petit plongeon et le capitaine le suit.


Le 26 et le 27 nous battons des records: 11 miles en 14h puis 30 miles en 24h... une journée au près dans 15 noeuds de vent.

Samedi 28, vent de N/NE sur mer agitée. Le moteur casse régulièrement et il faut ré-enclencher à la main à chaque fois, la galère. La météo annoncée n'est pas terrible, 25 à 30 noeuds prévus mais toujours de Nord. On va pouvoir changer de régime, y'en a marre du barracuda...! Et on est bien content de pêcher un gros thon. On va enfin pouvoir manger du poisson cru... quel délice! On continue le repas avec une tranche de thon grillé avec du riz puis on termine par la crème de Mémé Paulette.

Le vent de nord ne s'arrête plus, comme prévu, mais la mer reste peu agitée ce qui rend les derniers jours de navigation bien agréables. Une couture éclate sur YFP, 50 cm de couture pour le capitaine. On l'aime bien notre génois mais c'est vrai qu'il a fait son temps, va falloir s'y faire.


On décide de ne pas faire d'escale jusqu'à Djibouti afin de profiter de ces conditions que nous n'aurions su rêver. Du Nord pour passer Bab el Mandeb à cette époque ça ne se refuse pas. A une moyenne constante de 6 noeuds, sans doute aidés par le courant, le détroit file sous nos yeux, on rencontre nos premiers boutres et le 3 mars au matin nous arrivons à Djibouti sous une chaleur écrasante.


L'escale n'était pas prévue, pour les vivres elle nous coûtera sans doute plus cher qu'Aden, mais quel bonheur de trouver enfin l'Afrique, ses couleurs, ses senteurs et sa joie de vivre. Nous prenons doucement nos marques dans cette ville que nous ne connaissons pas. Les Djiboutiens sont adorables et toujours prêts à nous renseigner. L'ambiance est bien contrastée avec Hurghada, ici nul besoin de marchander, personne pour essayer de vider vos poches à la moindre occasion.


Minou achète ses premières branches de khat et va "khater" avec les gars du port. Il y apprend que le khat arrive quotidiennement du Yemen, escorté par la police locale. Partout dans les rues on trouve des petits stands aux couleurs de cette plante.... Les effets n'ont pas l'air très importants... sans doute pour ça que c'est légal et si répandu.


Nous venons d'arriver et commençons donc par nous affairer aux  tâches d'après navigation (lessive, eau, gasoil...). Nous ne savons pas encore combien de temps nous allons rester car nous attendons notre pièce. Une fois de plus, grâce à Francis et Jérôme, nous nous en sortons bien. Ils nous ont trouvé une pièce d'occasion à 150 euros (contre 1000 neuve), et grâce à l'ambassade le colis est parti avec le service des armées (50 euros contre 300 pour Chronopost).


J'essayerais donc de revenir vous raconter l'escale avant le départ. Car je serai ensuite dans l'impossibilité de vous donner des nouvelles pendant au moins 15 jours, selon que l'on rallie les Seychelles ou directement le Kenya.


En ce qui concerne petit Colin cette navigation m'a rassurée. Je crois qu'il est encore un peu petit pour trouver le temps long, il demande rarement: "Quand est-ce qu'on arrive?". Les premiers jours ont été un peu plus difficiles car lui aussi a dû reprendre son rythme après ces deux mois à terre. Mais finalement il me réclame tous les matins de faire l'école et nous avons fait un cahier d'exercices entier en 15 jours. Il se réveille en général à 6h au moment où Flo prend son dernier quart. On commence systématiquement la journée par un grand biberon de chocolat chaud (bien difficile à préparer dans certaines conditions...) puis en général on attaque tout de suite l'école. Je lui demande ensuite de jouer un peu seul, il se raconte des histoires, fait du bricolage ou du dessin. Il a découvert depuis peu les jeux éducatifs sur l'ordinateur et s'amuse beaucoup avec jeu Kirikou très bien fait. Mais il aime aussi faire quelques courses de voiture avec son Papa. Quand la météo le permet nous faisons un gâteau ou du pain pour l'équipage. Nous déjeunons en général vers 11h et dînons vers 18h, vivant ainsi au rythme du soleil.



 



Enfin, je voulais remercier notre famille et nos amis pour leur soutien, ainsi que les lecteurs du blog qui nous laissent de gentils commentaires, toujours agréables à lire. Vous êtes nombreux à nous réclamer plus de photos et plus de films. Pour les photos, nous avons une nouvelle batterie pour l'appareil et cela va donc être mieux. En revanche, grâce à l'incompétence totale de la Fnac qui a égaré des accessoires de notre caméra lors d'une réparation, je suis dans l'incapacité de mettre des films en ligne. Si ce problème, qui dure tout de même depuis novembre, est résolu un jour, je mettrais en ligne plusieurs films en même temps.

 

 


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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 15:29
St Armel


Nouveau changement de cap dans notre voyage (encore, diront certains) ... mais finalement nous serons en famille pour rejoindre le Kenya, et accompagnés de deux amis, Steven (Minou) et Dorian (Dodo).

Le décision de rentrer avait été longue à prendre, longuement discutée depuis la Grèce puis finalement adoptée suite à l'état de notre caisse de bord; il nous était de toute manière impossible financièrement de rester en Egypte.
Flo avait déjà une proposition pour une mission d'un mois ce qui nous assurait de pallier aux charges fixes, et forte de la devise "qui veut, peut", je pensais cumuler des petits boulots afin de faire des réserves. Mais après un mois et demi, le résultat est que je gagne à peine de quoi payer les billets pour le Kenya.

L'idée de se séparer pour cette navigation ne nous a jamais enchantés, nous avons juste essayé de nous conforter en nous disant que ce serait peut-être mieux pour Colin, et rassurant pour les grands-parents. Mais au fond, et même si nous avons beaucoup apprécié les retrouvailles et les moments partagés avec tous, notre vie en ce moment est à bord et nous pensons que, pour Colin aussi, il est important de faire cette traversée ensemble.

Flo, Dodo et Minou partent le 4 février pour Hurghada et avec Colin nous les rejoignons le 15. Cela va leur laisser le temps de préparer Tanit et de profiter un peu du récif. En ce moment il fait 28° là-bas et l'eau est à 22°... les conditions ne devraient pas être trop mauvaises pour donner le petit coup de brosse à la carène!

Nous allons organiser la navigation en fonction de l'équipage. Le capitaine et les équipiers à 100% pour Tanit et l'équipière à 100% pour Colin,... et pour eux. Ainsi Colin ne devrait pas pâtir des lendemains de quart difficiles ou des jours de mauvais temps.

Nous levons donc les amarres aux environs du 17 février pour le Yemen. Nous n'avons pas beaucoup de temps pour descendre le Soudan et l'Érythrée, mais les aléas de la météo nous amèneront sûrement à y faire une ou deux escales que nous vous raconterons dès que possible.
Nous ferons une escale de quelques jours à Aden afin de compléter les vivres avant la traversée pour le Kenya, avec une option via les Seychelles...

Nous sommes donc heureux de reprendre le voyage, la caisse est vide mais les coffres sont encore bien pleins de nos premières réserves, et de vivres que Jean-Pierre nous avait gentiment cédés à Ismaïlia. D'ici le Kenya ou les Seychelles, très peu d'escales; c'est donc là-bas qu'il faudra trouver du boulot.

Il reste les pirates, qui comme les braconniers ou autres fraudeurs interviennent dans les régions où circulent les richesses; tant que nous serons sur ces routes nous prendrons le risque d'en croiser.
La seule explication que l'on puisse vraiment vous donner sans partir dans des débats compliqués c'est que nous pensons que ce risque est minime comparé à d'autres risques du quotidien.


Minou, autoportrait....

Dodo, le jour de notre départ
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 22:02
Tout d'abord, nous tenons à vous souhaiter à tous, amis et autres visiteurs, une très bonne année 2009. Et nous vous remercions d'être à nos côtés...

Vous aurez certainement remarqué que nous étions absents de la toile ces derniers temps. Suite aux aléas de la navigation nous avons légèrement modifié notre programme. Mais que serait une grande croisière  si elle se déroulait toujours comme prévue?

Comme je vous l'ai déjà expliqué, nous avons pris trop de retard pour passer Bab-el-Mandeb dans de bonnes conditions c'est pourquoi nous avons décidé de nous arrêter plus longuement en Egypte. Nous sommes donc arrivés en Mer Rouge début novembre et avons largement profité, pendant plus d'un mois, des petits bonheurs du récif.



Seulement la caisse de bord est bien légère et la côte est-africaine est encore loin! Nous avons donc longuement peser le pour et le contre afin d'établir un nouveau programme pour les mois à venir.

Nous avons d'abord penser à rester en Egypte et travailler à Hurghada, ville très touristique. Seulement il est impossible de mouiller dans les parages et les tarifs de la marina nous font pâlir face au salaire local. Nous pouvons espérer un salaire local de 400$ alors que la marina "internationale" nous en coûte 300$ (soit environ 2 à 3 fois moins cher qu'en France pour une qualité et des services supérieurs) . Difficile dans ces conditions de lester notre porte-monnaie...

Ensuite, toujours d'actualité, reste le problème de la piraterie. Nous nous sommes beaucoup renseignés et pensons que le sujet est, tout de même, très ou trop médiatisé en ce moment. Il est vrai qu'il y a un risque, mais a  priori pas plus élevé qu'au Vénézuela,  par exemple. Nous en avons aussi discuté avec Jean-Yves Delanne qui sortait lui-même d'une prise d'otage de 14 jours dont il a été libéré par un commando français. Afin d'éviter un éventuel face à face avec des armes à Colin, nous avons décidé que Florent rallierait le Kenya sans nous... mais accompagné de deux amis. Ce qui me laissera du temps supplémentaire pour bosser.

Ainsi, Florent larguera les amarres début février avec Dodo et Minou tandis que Colin et moi nous les rejoindrons mi-mars au Kenya.

Pour Flo comme pour moi cette navigation l'un sans l'autre va être un peu dure. Mais le fait de ne pas avoir à penser à la sécurité de Colin nous soulagera pour cette longue traversée.

Ce retour hivernal imprévu est un peu dur mais les bons moments passés en famille ou avec les amis nous font oublier le froid. Une fois de plus c'est Colin qui vit le mieux la situation, il est heureux d'aller à l'école avec ses cousins et s'adapte à tous ces changements avec le sourire. Hier, un peu fatigué, il m'a quand même dit: "Maman, on va où encore?"


          

Petite sortie en 60 pieds Open avant de retrouver le doux plaisir de barrer Tanit....






Je tiens à m'excuser pour les erreurs qui se sont glissées dans les albums photos; suite à un incident sur le serveur d'over-blog une grande partie de mes titres et desciptions ont disparus avec impossibilté de les remettre pour le moment.



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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 16:46
Mercredi 7 novembre nous avons accueilli à l'aéroport d'Hurghada, Francis et Marie, les parents de Florent. Nous n'avons pas vraiment prévenu Colin de leur arrivée, nous lui avons juste dit que nous allions voir les avions et qu'il y avait une surprise.
Quelle joie de voir sa petite mine toute émue en les voyant! Il est vrai que la vie en bateau a l'air de tout à fait lui convenir, il s'adapte à tout, mais il nous parle souvent de ses cousins, tonton, tata et grands-parents. C'est donc un vrai bonheur pour lui de partager son quotidien avec eux.

Dès vendredi nous filons pour Tawila dont nous sommes tombés sous le charme. Il est soi-disant interdit d'y aller, comme de nombreuses îles au large d'Hurghada mais nous n'avons pas encore bien compris la législation qui paraît assez floue. Ce qui est sûr,  c'est que c'est un endroit sauvage qu'il faut préserver, il faut faire attention de mouiller sur les fonds de sable afin de ne pas abîmer les coraux.



Nous passons là-bas cinq jours de farniente bien mérité, surtout pour Francis et Marie. Au programme, observation des oiseaux et des heures de nage sur les patates de corail à s'en mettre plein les mirettes. Je n'avais jamais vu autant d'espèces rassemblées, dans si peu de fond, même en Polynésie ou en Nouvelle-Calédonie. Que doit être ici une plongée bouteille? Certainement merveilleuse. Retrouver dans notre guide les espèces observées devient donc notre activité favorite: poissons clowns et autres demoiselles, perroquets, balistes, raie pastenague, tétrodon...
Pendant ce temps, sur la plage, Colin fait la tortue ou s'amuse à classer des coquillages par taille.



Tawila est une île d'un calme absolu, un désert de corail où seuls quelques pêcheurs viennent naviguer. Je ne me suis pas encore lancée dans la chasse sous-marine et nos autres pêches restent infructueuses (ligne et lancer). C'est donc avec plaisir que nous achetons à deux jeunes pêcheurs des calamars, délicieux d'ailleurs. D'autant plus que nous sommes admiratifs devant ces hommes qui passent plusieurs jours loin de chez eux, sur de petites embarcations, dormant à la belle étoile sur le pont.

Florent, Marie et Colin ont succombé chacun leur tour à ce que l'on soupçonne être une grippe hongroise... En effet, leur avion ayant eu du retard, nous avons passé une heure à voir défiler des touristes hongrois sortant de l'aéroport. Qui d'autre aurait pu nous apporter ce virus? Nous qui nous vantions de ne pas avoir été malades depuis notre départ! Mais l'air sain de Tawila et les bains quotidiens ont rapidement fait fuir les microbes...

Le retour s'est fait au portant, à 5-6 Nds de moyenne sur une mer peu agitée... Il est dur de retrouver les bruits de la ville après tant de calme. Mais nous voulons partir pour Louxor demain pour une visite de quelques jours.

Et j'oubliais... pour la météo: environ 28° avec une mer à 24°!!!
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 22:35
4 novembre

Le temps passe si vite..., je ne vous ai pas donné de nouvelles depuis Gavdos alors que nous sommes arrivés en Egypte le 20 octobre!

Nous sommes arrivés aujourd'hui à Hurghada et nous profitons du luxe, le wifi fonctionne du bateau!

Comme je vous le disais, nous avons quitté Gavdos le 14 octobre, direction Port Saïd.




Pour la première fois en Méditerranée nous avons profité de conditions optimales pour cette traversée. Juste ce qu'il fallait de vent, suffisamment pour ne jamais mettre le moteur mais jamais trop afin de ne pas subir la mer. C'est vrai, nous adorons naviguer, profiter de la mer... cependant nous faisons ce voyage avec un enfant en bas âge et quand le vent est trop fort et que nous "subissons" la météo, nous sommes beaucoup moins disponibles pour Colin, ce qui rend toujours la navigation un peu moins agréable.

Toujours est-il qu'en quittant Gavdos le 14 octobre nous sommes arrivés à Port Saïd le 20, après 6 jours de bonheur à trois sur les flots...

Port Saïd n'est pas ce que l'on peut appeler une étape agréable; c'est le port d'entrée du Canal de Suez et de ce fait il est fréquenté par de nombreux cargos. Nous nous amarrons cul à quai au milieu de l'agitation ambiante, après Gavdos nous trouvons l'escale mouvementée et bruyante. Néanmoins nous sommes plutôt excités par le passage du Canal... ce qui nous fait oublier le côté sale et poussiéreux de la ville.

Dès le 22 octobre nous larguons les amarres pour, enfin, attaquer le Canal. Un pilote embarque sur Tanit, il doit nous guider jusqu'à Ismaïlia, l'étape obligatoire à mi-chemin avant Suez. Nous sommes impressionnés par le trajet à effectuer, rien que le nom de "Canal de Suez" en impose! Toute une histoire tout de même... J'aurais aimé discuter avec le pilote et parler un peu de l'histoire du lieu, mais malheureusement son anglais est assez basique. C'est d'ailleurs assez marrant, au début je croyais vraiment que mon anglais laissait à désirer, ce qui ne m'étonnais pas plus que ça. J'ai mis du temps à me rendre compte qu'il parlait très mal l'anglais, bien qu'il me soutienne le contraire. Je lui posais un  tas de questions et il me répondait toujours à coté de la plaque... finalement j'irai sur internet pour en savoir plus sur le canal!



Ce même pilote n'a pas voulu lâcher la barre pendant les dix heures de la traversée, et nous lui avons fait confiance. Cela a faillit nous coûter très cher, et en discutant avec d'autres navigateurs nous apprendrons qu'il n'est pas toujours bon de laisser la barre au pilote. En effet, j'ai été étonnée de découvrir qu'il y a beaucoup de pêcheurs sur la canal et je crois qu'à force de raser les "bords", le pilote a laissé un bout se prendre dans l'hélice. Il est vrai que le nombre de cargos qui compose les convois ne donne pas envie de naviguer au milieu du canal, le rapport de force de force vous oblige à longer la côte au plus près. Donc, en arrivant à Ismaïlia, de nuit, le moteur nous a lâché! Après l'épisode de Lampédusa, il aurait été étonnant que l'inverseur en supporte autant! Nous voilà donc en plein milieu du Canal de Suez, à l'étape intermédiaire, en panne de moteur...

Une fois de plus Flo met les mains dedans, il faut vraiment être multifonctions, et malgré son pessimisme du départ il finit par déceler la panne. Ce n'est pas grand chose me dit-il, une pièce à changer, sans doute 50 ou 100 euros. Mais après vérification la pièce coûte en fait 1200 euros neuve... De quoi nous faire réfléchir! Ne s'agirait-il pas de la même pièce, qui vieille et rouillée, avait été laissée dans notre ancienne maison... ? Cette même maison a été reprise, bien heureusement, par mon meilleur ami. Allo Tonyce... dans le cagibi au fond du jardin, y'aurait pas une pièce de moteur? Heureusement que Tonyce ne bricole pas, car du coup il n'utilise pas ce cagibi....Merci. Grâce aux arrangements de Francis, la pièce prend le vol Nantes-Hurghada avec des vannetais qui acceptent de la prendre en bagage, et elle nous arrive le lendemain pour seulement 60 euros de taxi!

Deux jours de mécanique pour le capitaine et 60 euros plus tard, le moteur fonctionne à nouveau. Ca nous arrange car un remorquage sur le canal, c'est de l'ordre de 3000 euros....

L'étape forcée à Ismaïlia n'a pas été désagréable car je pense que c'est le port le plus agréable du canal. Les gens y sont très sympathiques, l'ambiance y est calme et la ville est charmante. J'en garderai d'ailleurs un bon souvenir car c'est là que nous avons fait notre première rencontre de "grande croisière". En effet, le même jour que nous y est arrivé Jean-Yves Delanne; vous le connaissez peut-être pour ses récentes mésaventures avec les pirates somaliens et je suis ravie de le connaître maintenant pour son extrême sympathie; je suis vraiment enchantée de pouvoir enfin discuter avec quelqu'un qui prend la mer comme je la vis... Jean-Yves vit à Tahiti depuis 40 ans et il a rencontré la plupart des navigateurs de notre bibliothèque de bord, de quoi alimenter les discussions.

Le 27 octobre nous quittons Ismaïlia avec un moteur comme neuf et un nouveau pilote. Ce dernier parle encore plus mal anglais que le premier, mais je comprendrais néanmoins qu'il a fait la guerre des six jours pour défendre le canal, et qu'il est plutôt fier d'avoir tranché la gorge de trois israéliens...!

Le 27 au soir, dans la nuit, nous entrons donc, enfin, sur la Mer Rouge. Il est déconseillé d'y naviguer de nuit car de nombreuses plates-formes pétrolières abandonnées ne sont pas éclairées. Cependant, et afin de gagner un mouillage sympathique, nous décidons de faire une entorse à la règle. En plus, c'est notre dernière nuit de navigation avant longtemps, nous décidons donc de veiller ensemble. En suivant le rail des cargos il y a peu de risques, j'entends pour les plates-formes et les patates de corail... pour les cargos, forcément, c'est pire!

Nos deux premières journées sur la Mer Rouge sont très venteuses, et donc un  peu décevantes... difficile de se baigner. Mais nous serons largement récompensés par notre dernière étape avant Hurgadha, l'île de Tawila. Le désert, l'eau transparente sur 20 mètres de profondeur... et en plus nous sommes seuls! Ce genre d'escale est tellement agréable pour nous que nous y restons cinq jours. D'autant plus que nous savons que la prochaine étape, Hurghada, est un petit "disneyland".







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