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Tanit... la déesse


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Musique

20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 17:30

Nous avons quitté Aden le 14 mars à 15h sous un ciel bleu.  On tire des bords toute la nuit mais on avance… et au petit matin le vent passe progressivement au SE nous permettant de faire un peu de route au 50°-60°.


A partir de la nuit du 15 au 16 nous commençons à naviguer tous feux éteints, on fait route pour Al Mukalla et nous sommes en plein dans la zone à risque pour le piratage… cependant rien à signaler.


Le 16 nous sommes toujours au près, on démarre un peu le moteur car il y a une tendance à la pétole en journée. On pêche le premier Mahi-Mahi (Dorade Coryphène) de Tanit, alors ce soir on oublie le cassoulet en boîte. Ce soir ce sera poisson cru, poisson coco et gâteau à la banane.


La soirée est un peu plus calme que les précédentes mais ça s’énerve à nouveau pendant la nuit. On vit penchés et on s’y habitue… je vois se dessiner les muscles de Colin sur son petit corps bronzé, c’est lui qui compense le mieux les mouvements du bateau. Il a ce que l’on pourrait considérer comme la place la moins confortable pour dormir en navigation : à l’avant, en hauteur… et pourtant il dort comme un loir.


Le 17 au matin, au lever du jour, nous avons la visite d’un hélicoptère de la Marine française, il fait du sur place sur notre arrière puis on établit un contact par radio :


« Hélicoptère, hélicoptère, hélicoptère, ici Tanit, Tanit, Tanit »

« Hélicoptère sur zone pour Tanit, on passe sur le 10, unité, zéro »

« Ok, ici Tanit, je suis là »

« Et qu’est-ce que vous faites là ? »

« On se balade… on va à Al Mukalla puis au Kenya »

« Ok, faites attention à vous, Hakuna Matata »

 

Finalement le bâtiment militaire prend contact aussi, il veut connaître notre route. Ils arrivent sur nous par notre nord et nous contacte à nouveau. L’opérateur radio me demande notre numéro de téléphone satellite puis le commandant du Floréal nous joint dans les minutes qui suivent. Il veut que je lui explique un peu notre programme et m’informer sur la route à prendre et les dernières attaques. Pour éviter les risques il nous conseille de nous éloigner de la route des navires de commerce n’étant pas une cible privilégiée il faut essayer de ne pas être sur la route des pirates. Nous établissons un contact très sympathique, ils nous escortent toute la journée, l’hélicoptère revient sur zone le lendemain pour voir si tout va bien… finalement c’est assez sympa ce contact français en pleine mer, loin de chez nous !


Nous continuons toujours à avancer au près, laborieusement mais sûrement, le vent nous devenant favorable sur la dernière journée. Nous arrivons à Al Mukalla le 19 mars en fin d’après-midi. Nous mouillons dans le vieux port devant la vieille ville. C’est jeudi soir, soir de week-end, et la ville est plutôt intrigante… nous décidons d’aller tous à terre, on fait les papiers et on fait un tour en ville.


De là où nous laissons l’annexe tout est accessible à pied, c’est très agréable en escale d’être plongés dans l’ambiance citadine. Nous nous laissons guider par les odeurs et les couleurs qui s’offrent à nous, dans le dédale des rues et ruelles autour de la mosquée.


La ville est construite sur une étroite bande de terre séparant la montagne et la mer.  L’ambiance est un peu orientale, un peu africaine… le Yemen est pour moi une destination inattendue ; en Egypte, la religion, le voile, le regard des hommes étaient un peu pesant. Ici les femmes sont presque toutes voilées, la prière résonne sur les flancs de la montagne pour nous revenir encore plus intense et pourtant le regard des hommes, et des femmes est différent.


Malheureusement peu de gens parlent anglais ici, dans la rue, et il est difficile de tout comprendre. Comme cette femme qui nous a fait signe, devant un bureau de change près de la mosquée, mettant ses mains à ses oreilles… avant que l’on comprenne que l’employé était à la prière.

Pour les photos, je suis vraiment désolée, mais le débit ici va m obliger a attendre le Kenya...

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:07

Le 9 mars, après six jours passés à Djibouti, l’heure du départ sonne. Ces six jours sont passés très vite, au rythme et à la chaleur de l’Afrique.



Après quinze jours en mer nous avions pas mal de boulot sur le bateau : nettoyage, réparations, plein d’eau et puis bien sûr, la pièce du moteur à changer.

 

Grâce à Monsieur Berthin de l’Ambassade de France, Francis a pu utiliser le courrier militaire pour nous l’envoyer. Le colis est parti de France lundi 5 et il devait mettre cinq jours à arriver, si bien que je n’ai téléphoné à l’Ambassade qu’après le week-end local (jeudi et vendredi). En fait la pièce était déjà là depuis jeudi et après quelques remontrances du militaire en charge du courrier qui n’apprécie pas trop que des civils utilisent ce service, nous récupérons notre colis. Nous remercions encore M. Berthin, David, Jérôme et Francis pour leur aide.


Nous rencontrons des personnes de nationalités multiples (Somalie, Yémen, Erythrée) qui nous racontent Djibouti avec des yeux différents. J’apprécie de me balader dans les ruelles de la ville, dans le quartier de la rue d’Ethiopie et jusqu’à la place Mahamoud Harbi où se tient le marché. Après l’Egypte cela fait du bien de discuter en français avec des gens qui veulent juste rendre service ou raconter un petit bout de leur vie.

Non loin de là il y a aussi un grand parc de jeux pour les enfants. Les jours de week-end ou le soir il y a beaucoup de monde, l’endroit fait aussi cafétéria et les familles s’y retrouvent. Colin est tout de suite pris en charge par d’autres enfants plus grands qui l’accompagnent partout et je le surprends à aller bien vite sur les tourniquets et  à en rigoler.
C’est à côté du Nougaprix, un supermarché… en fait les tarifs sont assez élevés à Djibouti dès que vous vous intéressez aux mêmes produits que les militaires français. L’enseigne est donc un peu réservée aux étrangers ou personnes des classes aisées. C’est néanmoins pratique pour acheter quelques conserves ou un peu de beurre… Pour tout le reste, il faut parcourir la place du marché et les boutiques environnantes (viande, fruits, légumes, œufs…), on y trouve presque tout à des tarifs plus raisonnables.

Pour le poisson, on en trouve tous les jours au port de pêche et pour le pain, il y a une boulangerie pas loin qui est ouverte 24h sur 24h et qui fait des petites baguettes.


Le Yacht Club de Djibouti n’existe plus, l’organisation n’est pas très claire et les infos peu nombreuses. En fait, il faut se mettre au mouillage sur la droite, devant le port de pêche tandis qu’il faut ensuite traverser toute la baie vers les quais des gros cargos, pour trouver la capitainerie et l’immigration. Le mouillage est payant, 32 euros pour six jours. Par la suite mieux vaut débarquer au port de pêche où vous serez très bien accueillis. Là-bas on peut faire de l’eau, partir en ville, laisser l’annexe… tout est possible selon vos moyens, le forfait pour l’annexe est de 12 euros par semaine tandis que vous payerez Salomon ou Moustique selon la prestation (gardiennage, courses…).


Flo passe donc la journée du 8 sur le moteur, ou plutôt dans le moteur à démonter, monter, huiler… ça marche !

Colin est toujours partant pour bricoler, il passe les clés de 23 ou 21 à son père, l’aide à dévisser les cuves d’eau pour une vérification…

On décolle donc le 9 à 11h UTC. On a le vent dans le nez, 4 heures de moteur avant de hisser, enfin, la grand voile.

Comme souvent, Colin fait une petite sieste pendant que je prépare le premier repas : tarte de légumes. Comme on a investi de nouveaux quarts, de jour comme de nuit les garçons relayent leur attention toutes les deux heures, il faut reprendre un nouveau rythme et du coup, aujourd’hui, nous mangeons tous à des moments différents.

De 15h à 19h on remet le moteur, le vent est toujours NE, on n’avance qu’à 3 Nds mais au moins on fait route.

Le 10 le vent passe à l’Est, force 2 à 3 sur une mer peu agitée à agitée. On est au près serré, on n’avance pas et ce n’est pas de tout confort… on est trop lourd à cette allure.

Pour cette première nuit, Colin et moi faisons le tour du cadran avec la nuit  (17h – 5h)… le près c’est fatiguant !!!


On décide de faire escale à Aden en attendant que le vent se calme ou tourne, nous aurons mis 55 heures pour parcourir les 150 miles qui séparent Djibouti d’Aden… encore un record. Arrivée laborieuse le 11 au soir, le moteur étale mal avec le vent dans le nez mais finalement nous mouillons à Aden devant le Prince Of Wales.

Je file directement faire les papiers, j’apprendrai plus tard que je disposais de 24h pour le faire, et je suis très bien reçue par l’immigration qui me donne des passes contre nos passeports. Les douanes sont fermées, je repasserai demain. En tout, prévoyez une photocopie de vos passeports, une photo d’identité et quatre crew list.


Le 12, après avoir terminé toutes les paperasses, nous filons à pied faire un petit tour dans le quartier de Tawahi, manger du poulet grillé dans une petite cantine, acheter du pain, du poisson pour plus tard et faire un tour sur le Net pour certains.


Après quelques réparations à bord comme le joint du hublot du carré à changer ou une douche solaire à réparer, nous partons tous ensemble à la plage, à 5mns en taxi. Une grande plage au pied de collines arides, la mer est chaude, voir très chaude ; Colin est content de se refaire une cession de plage, et en plus il y a des toboggans dont un de quatre mètres de haut dont je me serai bien passée…


Nous avons rencontré Selim, il est de Mukala et passe sont temps sur le port, il aide et conduit les plaisanciers qui sont de plus en plus nombreux à s’arrêter ici plutôt qu’à Djibouti. C’est lui qui nous a montré la plage ou conduit pour faire des courses. Selim ne khat pas, n’a que trois enfants, sa femme est voilée mais il en parle librement. Je me suis permis de lui poser la question car il blaguait en comparant toutes les femmes voilées de noir à des ninjas… Il m’a répondu que c’était un choix de sa femme, qu’elle était libre et qu’à la maison, bien sûr, elle était vêtue tout autrement. Comme en Egypte, cela intensifie les échanges de regards, puis les choses évoluent… sur le port, Minou et Dodo  ont discuté avec des jeunes filles totalement voilées, mais elles ont décroché le voile de leur visage pour parler.

Aujourd’hui 14 mars nous devons lever l’ancre pour Mukala, le vent n’est pas vraiment plus favorable qu’en arrivant mais nous devons avancer et le visa pour rester plus longtemps coûte 58 dollars…


Peut-être pourrais-je vous redonner des nouvelles de là-bas, sinon rendez-vous dans deux ou trois semaines du Kenya.

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