L'homme qui nous a accueillis sur le quai s'appelle Ioannis, il est crétois mais vit aussi à Gavdos depuis de nombreuses années. L'île abrite une quarantaine d'habitants, dont un instituteur et 7 écoliers; nous allons vite retrouver les mêmes personnes à des endroits différents, beaucoup de gens charmants.
Le premier soir, pris par l'envie de marcher, nous nous sommes dirigés vers les "villages" sans trop savoir où nous allions. Sarakiniko se trouve à 20 mn à pied, mais Kastri est à une heure et c'est le chemin que nous avons choisit... 40 minutes plus tard, à la deuxième voiture rencontrée, nous faisons du stop. Ce sont les deux pompiers de l'île, ils nous déposent chez Gogo (prononcez Roro), une femme qui vous propose une excellente cuisine crétoise, chez elle dans sa petite maison de pierres. Les deux pompiers dînent aussi ici, nous finissons la soirée au coin du poêle à l'intérieur.
Le lendemain nous repartons à pied, bien renseignés sur la route à prendre pour Sarakiniko car c'est le seul "village" facilement accessible à pied. Nous voulons emmener Colin à la plage, mais nous savons aussi que nous devons souvent le porter... il se trouve que la plage de Sarakiniko est très belle, tournée face à la Crète.
Nous voulons vraiment passer quelques jours ici à profiter, l'île est agréable, il fait beau, les quelques touristes de la saison sont partis et nous sommes le seul voilier... enfin!

Nous décidons donc de louer une petite moto afin de faire le tour de l'île, de respirer l'air des pins et de la terre et de s'en mettre plein les mirettes. Colin adore ces deux jours de balade en moto, il est devant Flo, les mains sur le guidon, les cheveux dans le vent... à part les monstres dans sa cabine, cet enfant semble n'avoir jamais peur de rien.
Nous en profitons donc pour explorer tous les chemins praticables par notre petite moto et découvrir la végétation et les paysages de l'île. Beaucoup de petits pins, du thym sauvage à profusion, des biquettes dans tous les sens et les petites chapelles grecques égrainées aux quatre coins de l'île. Comme elle ne fait que 27 km2 , la mer est souvent la toile de fond.
Un soir où nous buvons une bière fraîche à la "taverna" du port, nous rencontrons les deux pompiers qui sont venus lever leur filet. Un grand filet à maille fine qu'ils disposent entre deux roches et qui leur permet de pêcher des petits poissons de friture. Ils nous convient à partager leur pêche et nous emmène à Sarakiniko dans une autre "taverna". En cette fin de saison, aller à la "taverna" c'est surtout aller chez des amis, c'est la cuisine et le salon familial. Tant est si bien que ce soir-là, nous sommes avec nos deux pompiers et les propriétaires du lieu, ainsi que leur quatre garçons... nous dégustons les petites fritures en regardant la télévision. Vous noterez que nous avons ainsi rencontré la moitié des élèves de l'école! L'ambiance est étrange mais sympathique, on ne se parle pas beaucoup... Colin, lui, est enchanté, il y a une télévision, des enfants... et bizarrement, des fritures il ne mange que la tête et la queue!
Nous voulions rester quelques jours à Gavdos et comme le vent s'est levé nous y sommes restés plus d'une semaine. C'était sans doute l'île que nous cherchions, un petit coin de paradis préservé dans cette Méditerranée "dévastée". D'ailleurs c'est la terre la plus au sud de l'Europe depuis que la Grèce en fait partie, il va falloir qu'ils changent de slogan à Lampédusa!
Le 14 octobre, enchantés et reposés, nous quittons Gavdos pour Port Saïd.
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